Omar Viktor Diop

À travers son travail, le photographe sénégalais Omar Viktor Diop capture l’éclectisme des modes de vie de l’Afrique contemporaine et nous invite ainsi à poser un regard neuf sur la société africaine.

Né à Dakar en 1980, Omar Viktor Diop s’intéresse dès son plus jeune âge à la photographie et au design. Il se destine cependant à une tout autre carrière en partant étudier à l’École supérieure de commerce de Paris, mais le succès rencontré par ses premiers projets artistiques l’encourage à abandonner sa carrière en communication d’entreprise pour se consacrer à la photographie en tant qu’autodidacte.

Le fait d’être né en 1980, au croisement de deux générations, n’est pas anodin pour ce sénégalais dont le travail tourne énormément autour de l’identité africaine tant personnelle que collective. « Quand on grandit à Dakar et qu’on a cette chance d’être né entre 78 et 85, on est de la génération d’après ceux qui ont vécu la ferveur des indépendances et qui étaient eux dans une revendication d’une africanité, une revendication qui était légitime, mais pour nous la question ne se posait pas, on est né sénégalais, né africains », explique l’artiste.

Ses oeuvres remportent leurs premiers succès lors des Rencontres de Bamako en 2011. Il enchaine ensuite les séries avec entre autres « Studio des vanités », « Le futur du beau », « Diaspora », « Hopeful Blues », « Poupées de cire »…

Omar Viktor Diop développe à travers son travail une esthétique qui lui est propre en alliant les codes du portrait classique à une ambiance Pop pleine de modernité. Certaines de ses séries nous invitent à réfléchir sur des enjeux sociaux tandis que d’autres nous permettent de voir l’Afrique d’un nouvel oeil.

« Le studio des vanités » par exemple met en scène des créatifs du continent africain qui travaillent « à faire de leurs visions une réalité ». Il ne s’agit cependant pas de simple portrait, le photographe entame pour chacune de ces photographies une collaboration avec son modèle afin de mettre en scène des images porteuses de sens. Tout y est étudié, la pose, le décor et les costumes.

« Le futur du beau » imagine un avenir où il serait tellement de mauvais goût de jeter ses déchets que la mode se les approprierait pour en faire des vêtements.

« Hopeful Blues » nous sensibilise aux défis du déplacement des populations. Cette série fait partie d’un projet regroupant 5 photographes renommés et ayant abouti à la réalisation du documentaire « Réfugiés ».

Sa série “Diaspora” nous offre quant à elle un voyage à la découverte de l’identité africaine en Europe au temps des colonies. Dans cette série, Omar Viktor Diop se met lui-même en scène pour nous faire découvrir des personnalités africaines aux parcours remarquables qui sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. Sont ainsi représentés des personnages tels que Jean-Baptiste Belley, Juan de Pareja, Albert Badin
Chacun de ces autoportraits met également en scène un artefact sportif qui symbolise « la dualité d’une vie de gloire et de reconnaissance qui est aussi une vie passée à être « l’autre » ». (dixit Raquel Wilson)
Dans une certaine mesure, ce travail fait écho aux débats actuels sur l’immigration et l’intégration.

Pour découvrir son travail, visitez ses différentes galeries photo sur son site ou chez le galeriste qui le représente MAGNIN-A où vous trouverez également de l’information sur ses différentes expositions à travers le monde.

Crédit photo : Omar Viktor Diop

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