Hemingway à la Havane

Lauréat du prix Nobel de littérature en 1954, Hemingway fit de Cuba son pays d’adoption. La Havane lui servit de refuge durant de nombreuses années et dans certains lieux, son empreinte est encore palpable. Certains trouveront peut-être que l’image d’Hemingway à La Havane est un peu surexploitée, mais avec son ambiance bien particulière, la ville offre un cadre idéal pour remonter le temps et s’imaginer vivre à la manière d’Hemingway. En fin de compte, c’est cette alchimie bien spécifique entre l’homme de lettres, la culture cubaine et la ville qui rend cette expérience si unique et agréable !

Venu à Cuba depuis Key West pour pêcher au gros en 1928, Ernest Hemingway tomba sous le charme de l’île. À partir de 1932, ses visites se firent de plus en plus fréquentes et il décida d’élire domicile à l’hôtel Ambos Mundos où il loua une chambre à l’année. Il y occupe alors la chambre 153. C’est de cet endroit que nous vous proposons de commencer la visite. L’hôtel est idéalement situé pour visiter le centre historique. Baladez-vous et humez l’atmosphère de cette ville au style unique.

Pauline, Patrick, Ernest, John et Gregory Hemingway avec quatre marlins sur le quai de Bimini le 20 juillet 1935 – © John F. Kennedy Library

Dans les années 30, La Havane était une capitale somptueuse. De nos jours, elle cultive l’esthétique du délabrement. Ses immeubles en ruine portent cependant les traces d’une vie jadis faste et, avec ses voitures d’époque, la ville semble figée dans le temps. Le centre historique de La Havane est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982 et les Cubains le restaurent lentement mais sûrement. Vous y découvrirez le Capitole, l’hôtel Séville, le Musée de la révolution, le musée des beaux-arts ainsi que les Plazas de Armas, de la Catedral et de San Francisco. Ne manquez pas non plus d’aller vous promener sur le Maleçon. Ce front de mer qui surplombe l’océan sur plusieurs kilomètres est très apprécié des Cubains qui aiment s’y détendre.

Après vous être imprégné de l’ambiance cubaine, allez vous rafraîchir à La Bodeguita del Medio. Ce tout petit bar était l’un des repaires de l’écrivain. La spécialité de l’endroit : le mojito. Photos et graffitis ornent tous les murs et une citation d’Hemingway trône au-dessus du bar. C’est une adresse incontournable lors d’un passage à La Havane et si vous avez un petit creux, le restaurant annexé au bar est réputé pour ses spécialités créoles.

Spencer Tracy, Ernest et Mary Hemingway au bar La Floridita, à La Havane, Cuba, circa 1955 – © John F. Kennedy Library

Profitez également de votre séjour pour visiter la manufacture Partagas, une des plus anciennes fabriques de cigares de Cuba encore en activité. Fondée en 1845 par le catalan Jaime Partagas Ravelo, elle se situe en plein coeur de la ville. En fin de journée, allez prendre un verre au Floridita, un bar où Hemingway aimait boire des daïquiris. Commandez un Papa Doble, le cocktail préféré d’Hemingway : du jus de citron vert, un doigt de marasquin, une double dose de rhum, le tout sur de la glace pilée.

En 1939, cherchant à s’éloigner de l’agitation de la vieille ville, Hemingway s’installa dans une belle demeure à une quinzaine de kilomètres de La Havane : la Finca Vigia, une maison de bord de mer, entourée d’un jardin tropical. Il y vécut et y travailla durant une vingtaine d’années. Transformé en musée, cette maison est restée tel qu’il la laissée. Elle abrite des souvenirs de l’écrivain ainsi que son immense bibliothèque (environ 8000 volumes). Le Pilar, son bateau fétiche construit en bois de chêne américain y est également exposé.

Ernest Hemingway dans sa maison à Cuba en 1953 – © John F. Kennedy Library

Ultime arrêt de cet itinéraire sur les traces d’Hemingway, Cojimar, un petit village à l’est de La Havane d’où l’écrivain partait pêcher en haute mer. L’endroit et son inséparable compagnon de pêche, un certain Gregorio Fuente, lui inspirèrent le cadre de son livre « Le vieil Homme et la mer ». Ne manquez pas le buste d’Hemingway qui se dresse au centre d’une colonnade et La Terraza un restaurant qu’il appréciait tout particulièrement et qui abrite une belle collection de photos de l’écrivain. Vous pourrez y dîner en profitant de la vue sur le port.

Hemingway en quelques dates

21 juillet 1899 : Naissance à Oak Park (dans la banlieue de Chicago) Illinois, États-Unis
1917 : Il s’engage en tant qu’ambulancier sur le front, en Italie
1922 : Il épouse Hadley Richardson, la première de ses quatre épouses et le couple s’installe à Paris où il travaille comme correspondant étranger. Il y rencontre beaucoup d’écrivains américains appartenant au courant littéraire de la génération perdue dont il deviendra lui-même un fier représentant.
1926 : C’est l’année de son premier roman « Le soleil se lève aussi ».
1927 : Hemingway divorce d’Elizabeth Hadley et se remarie un mois plus tard à Pauline Pfeiffer.
1928 : Le couple s’installe à Key West et il fait un premier séjour à Cuba dans l’année.
1929 :  « L’adieu aux armes » est publié.
1932 : Il va en Espagne pour travailler un livre qui traite de la tauromachie : « Mort dans l’après-midi » .
1937 – 1939 : Hemingway couvre la guerre d’Espagne dont il s’inspire pour écrire « Pour qui sonne le glas », un roman qu’il a commencé à l’hôtel Ambos Mundos de La Havane.
1940 : Il divorce de Pauline Pfeiffer et épouse Martha Gellhorn. C’est également cette année-là qu’il achète sa maison à Cuba et que son roman « Pour qui sonne le glas » est publié.
1945 : Hemingway divorce de Martha Gellhorn et se marie une dernière fois, un an plus tard, à Mary Welsh
1952 : « Le vieil homme et la mer » est publié.
1953 : Prix Pulitzer pour « Le vieil homme et la mer ».
1954 : Prix Nobel de littérature
1960 : Malade et physiquement diminué, il quitte Cuba et retourne aux États-Unis pour se soigner.
2 juillet 1961 : Il se suicide (à 61 ans) à Ketchum, Idaho, États-Unis

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